En tournée pour leur récent et dernier album Stadium Arcadium, on attendait les "vieux piments" sur scène avec une impatience non dissimulée mais aussi quelques doutes.
Passons sur l'accueil exécrable qui a été réservé au gros son du rappeur anglais Dizzee Rascal, qu'une bonne partie du Palais Omnisports de Paris Bercy s'est empressée de siffler, à peine était-il entré en scène. Dommage de réagir de façon aussi primaire et de croire qu'il existe encore des clivages entre genres musicaux, surtout qu'entre les Red Hot et le hip hop le fossé n'est pas si grand. Dizzee tente tant bien que mal de faire taire les quolibets. Il y parvient en laissant son DJ enchaîner des classiques de "Fucking Rock n'roll" qui seront repris en coeur. Belle preuve d'ouverture musicale et joli pied de nez à un Bercy décidemment bien intolérant hier soir.
Quand le quatuor tant attendu arrive sur scène, après de longues minutes d'attente ponctuées d'impressionnantes "olas", la salle entre en communion.
"Can't stop" marque le début d'un set tout en énergie. Anthony Kiedis et Flea (avec sa tenue de fou qu'il est) sont completement déchainés. Le chanteur saute partout comme à son habitude, John Frusciante ( définitivement encré dans le panthéon des guitar-heros du début de notre siecle ) martyrise sa guitare et le bassiste, complétement cinglé hurle à plusieurs reprises entre les morceaux devant un parterre quelque peu ahuri.
Le groupe joue une bonne dizaine de titres du dernier Stadium Arcadium entre ses gros tubes ("Scar Issue", "By the way", "Otherside"...), clairement d'avantage taillés pour la scène. Le dernier single "Dani California" est salué par une grosse clameur, notemant grace à l'enorme "funkitude" du morceau.
L'ambiance ne faiblira pas ! Les Red Hot sont des bêtes de scènes et ça se voit. La set list est rodée, le spectacle bien huilé. Le public conquis, s'extasie aux premières mesures de "london calling" des mythiques clash, introduisant le morceau culte "californication" .
La foule se lève pour le rappel, le bruit est impressionnant, Bercy hurle, et les gens du haut des gradins tapent des pieds. Les piments reviennent, Chad Smith fait voltiger ses baguettes et c'est parti pour une minute ( inoubliable a mes yeux, un de mes meilleurs momments en concert...) de "bloody sunday" de nos amis les U2, et paf, sans prévenir, ils enchainent avec l'énérvé "Give it away" qui fait bondir la fosse et finit de nous épuiser.
La foule s'en va comblée. Les Red Hot en live sont toujours au top. Un bémol cependant : on aurait peut etre aimé d'avantage d'anciens titres et moins de Stadium Arcadium. Mais bon, sur une dizaine d'albums et 25 ans de carierre, difficile de faire son choix....